Si vous prévoyez de vendre des cosmétiques en France, les règles européennes que vous respectez déjà sont un point de départ, pas une ligne d’arrivée. La France ajoute ses propres autorités, l’attente d’un étiquetage en français et une couche environnementale, la loi AGEC, qui touche les marquages d’emballage et les mots du marketing. En bref : complétez le dossier européen, rédigez en français les mentions d’étiquetage exigées, apposez le logo Triman et l’Info-tri là où votre emballage l’impose, et évitez les formulations environnementales interdites. Ce guide s’adresse aux marques qui respectent, ou prévoient de respecter, le règlement (CE) n° 1223/2009. Il s’agit d’une information générale, pas d’un conseil juridique.
Sommaire
- La réponse courte
- Le socle européen en bref
- Qui contrôle les cosmétiques en France ?
- Quelles mentions de l’étiquette doivent être en français ?
- Établissements, effets indésirables et DIP
- Triman et Info-tri sur les emballages
- Mentions environnementales : ce que la loi AGEC interdit
- Qu’attendent les distributeurs et places de marché français ?
- Erreurs fréquentes en vendant en France
- Liste de contrôle : prêt à vendre en France
- Foire aux questions
- Points clés
La réponse courte
La France applique directement le règlement européen sur les cosmétiques. La surveillance est partagée entre deux organismes : la direction de la protection des consommateurs (DGCCRF) et l’agence du médicament et des produits de santé (ANSM). Au-delà de la langue de l’étiquette, ce qui surprend le plus les marques étrangères se situe en dehors du droit cosmétique : les règles de responsabilité élargie du producteur pour les emballages et les règles sur les allégations environnementales. Tout ce qui suit provient de pages officielles françaises que nous avons pu ouvrir ou de synthèses fiables ; lorsque nous n’avons pas pu confirmer un détail, nous le nuançons et indiquons ce qu’il faut vérifier.
Le socle européen en bref
Ces éléments sont identiques dans tous les États membres ; un simple rappel suffit :
- Personne responsable : personne établie dans l’UE qui répond de la conformité ; son nom et son adresse figurent sur l’étiquette.
- Évaluation de la sécurité : un évaluateur qualifié signe un CPSR (partie A et partie B) avant le lancement.
- Dossier d’information produit (DIP) : le dossier qui étaye le CPSR, conservé par la personne responsable pendant dix ans après la mise sur le marché du dernier lot, avec des rapports de stabilité, de microbiologie et, pour les produits aqueux, de challenge test.
- Notification CPNP : déposée sur le portail européen avant la mise sur le marché.
- Étiquetage : les mentions de l’article 19 ; la langue de certaines d’entre elles est fixée par chaque État membre.

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Qui contrôle les cosmétiques en France ?
Deux autorités comptent. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) vérifie que les produits sur le marché sont conformes, avec une attention particulière à l’étiquetage, aux allégations et à l’information du consommateur. L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) traite la sécurité sanitaire : elle gère les signalements d’effets indésirables via le système français de cosmétovigilance, mis en place en 2004, et prend des mesures correctives si nécessaire.
Les publications de l’ANSM décrivent les deux organismes comme des acteurs conjoints de la surveillance du marché : ils inspectent les opérateurs qui fabriquent, conditionnent ou importent des cosmétiques ainsi que les personnes responsables, traitent les signalements de défauts de qualité et organisent des contrôles en laboratoire. Pour vous, cela signifie qu’une demande peut venir de l’un ou de l’autre, et que la réponse reste la même : étiquette, référence CPNP, CPSR et contenu du DIP.
Quelles mentions de l’étiquette doivent être en français ?
L’article 19, paragraphe 5, du règlement prévoit que la langue de certaines mentions est fixée par l’État membre où le produit parvient au consommateur. Il s’agit du contenu nominal, de la date de durabilité minimale ou de la période après ouverture, des précautions d’emploi et avertissements, et de la fonction. La France les attend en français. Nous n’avons pas pu ouvrir de texte juridique français actuel qui en précise la rédaction ; considérez donc qu’il s’agit d’une pratique établie et confirmez les détails auprès de votre évaluateur ou de la DGCCRF.
Deux rappels issus des contrôles français. D’abord, les distributeurs doivent vérifier les étiquettes avant la vente, langue comprise : un détaillant français peut donc refuser un stock pour ce seul motif. Ensuite, les enquêtes de la DGCCRF sur l’étiquetage ont signalé à plusieurs reprises l’absence de mentions obligatoires et du français parmi les principales anomalies, surtout sur les produits importés. Les annonces en ligne comptent aussi : la liste des ingrédients est considérée comme une information essentielle pour le consommateur et attendue sur les fiches produit.
Établissements, effets indésirables et DIP
Trois points pratiques au-delà de l’étiquette :
- Établissements : la France exige traditionnellement que les établissements qui fabriquent ou conditionnent des cosmétiques sur le territoire français soient déclarés à l’ANSM. Si vous produisez ou conditionnez en France, vérifiez la procédure en vigueur sur le site de l’ANSM.
- Effets indésirables : les effets indésirables graves doivent être notifiés sans délai à l’autorité compétente, et les industriels sont censés tenir à disposition des inspecteurs un relevé des effets signalés.
- Langue du DIP : le règlement européen exige que le DIP soit disponible dans une langue que l’autorité compétente comprend facilement. Nous n’avons trouvé aucune règle française fixant la langue des rapports techniques ; interrogez l’autorité avant de les traduire.
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Triman et Info-tri sur les emballages
La loi française anti-gaspillage (AGEC, loi n° 2020-105 du 10 février 2020) a introduit le logo Triman avec l’information de tri Info-tri. Le logo signale qu’un produit ou un emballage relève d’une règle de tri ; l’Info-tri indique au consommateur comment et où le trier. Pour les emballages ménagers, le ministère de la Transition écologique précise que l’information de tri doit figurer sur l’emballage lui-même. Le décret n° 2021-835 du 29 juin 2021 fixe le cadre pratique et, selon les guides publiés, l’obligation s’applique aux emballages ménagers depuis 2022, avec des dispositions transitoires pour les stocks déjà étiquetés. Les très petits emballages font l’objet de règles spéciales, utiles pour les rouges à lèvres, les flacons d’échantillon et les formats voyage ; consultez le guide officiel.
Qui est concerné ? Au sens de la responsabilité élargie du producteur, le « producteur » est en général l’entreprise qui fabrique, importe ou vend un produit en France pour la première fois. Ces entreprises adhèrent à un éco-organisme agréé, comme Citeo pour les emballages ménagers, ou mettent en place un système individuel. Les seuils et les détails varient ; vérifiez votre situation auprès de l’éco-organisme.

Mentions environnementales : ce que la loi AGEC interdit
L’article 13 de la loi AGEC, codifié dans le code de l’environnement (L. 541-9-1), interdit les mentions « biodégradable » et « respectueux de l’environnement », ou toute formulation équivalente, sur les produits et les emballages. La FAQ du ministère explique que l’interdiction est générale, que le respect d’une norme de biodégradabilité ne rend pas la mention acceptable et que des termes comme « écoresponsable » ou « vert » peuvent être jugés équivalents. La DGCCRF contrôle ce point et applique les règles sur les pratiques commerciales trompeuses. Pour les marques de cosmétiques, où « naturel » et « clean » sont des mots courants, relisez emballages et textes web avant le lancement et conservez des preuves pour chaque allégation que vous faites.
Qu’attendent les distributeurs et places de marché français ?
Les enseignes, pharmacies, concept stores et places de marché français demandent généralement les coordonnées de la personne responsable, la référence CPNP, une étiquette en français, le résumé du rapport de sécurité et parfois des informations sur l’emballage. Ils peuvent aussi réclamer des rapports comme les données de microbiologie ou un patch test lorsque vous revendiquez une bonne tolérance. Ces demandes suivent la politique de chaque acheteur et non la loi ; voyez-y une tendance et gardez un dossier de documents prêt.
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Erreurs fréquentes en vendant en France
- N’imprimer les avertissements ou la fonction qu’en anglais.
- Utiliser « écologique », « biodégradable » ou des mots proches sans vérifier l’interdiction de la loi AGEC.
- Oublier le logo Triman et l’Info-tri sur les emballages ménagers.
- Vendre via un distributeur français avant que la notification CPNP et le CPSR soient prêts.
- Désigner une personne responsable hors de l’UE.
Liste de contrôle : prêt à vendre en France
- Personne responsable dans l’UE indiquée sur l’étiquette.
- CPSR signé et DIP complet avec les rapports d’essais du produit fini.
- Notification CPNP déposée.
- Contenu nominal, durabilité ou PAO, précautions et fonction en français.
- Site de production en France déclaré à l’ANSM, le cas échéant.
- Triman et Info-tri sur les emballages ménagers, statut de producteur clarifié avec un éco-organisme.
- Emballages et textes web vérifiés au regard de l’interdiction de formulations de la loi AGEC.
- Dossier de documents prêt pour la DGCCRF, l’ANSM et les acheteurs.
Foire aux questions
Mon étiquette doit-elle être entièrement en français ?
Pas nécessairement. Les mentions dont la langue est fixée par l’État membre, comme le contenu nominal, les précautions et la fonction, doivent être en français. D’autres éléments, comme la liste INCI des ingrédients, suivent leurs propres règles.
Le logo Triman relève-t-il du droit des cosmétiques ?
Non. Il découle de la loi environnementale AGEC et s’applique aux produits et emballages soumis à la responsabilité élargie du producteur, dont les emballages ménagers.
Puis-je qualifier mon produit d’« écologique » en France ?
La loi AGEC interdit « respectueux de l’environnement », « biodégradable » et les formulations équivalentes sur les produits et emballages. Vérifiez chaque mot environnemental avant l’impression.
Points clés
- La DGCCRF et l’ANSM se partagent la surveillance ; la langue de l’étiquette et les allégations sont des constats fréquents.
- Contenu nominal, durabilité ou PAO, précautions et fonction sont attendus en français.
- Triman, Info-tri et responsabilité du producteur pour les emballages relèvent de la loi environnementale AGEC.
- Évitez « biodégradable » et « respectueux de l’environnement » sur les produits et emballages.
